Il y a 44 ans, le groupe AC/DC sortait l’album “For Those About To Rock”
Le 23 novembre 1981, AC/DC sortait For Those About to Rock (We Salute You), l’album qui allait devenir l’un de ses emblèmes les plus indestructibles. Quarante-quatre ans plus tard, le disque continue de tonner comme au premier jour, rappelant qu’après Back in Black, les Australiens n’avaient ni l’intention de lever le pied, ni celle de faire dans la dentelle.
Une pochette emblématique : un canon sur fond doré
La couverture est d’une simplicité brutale : un canon de la Royal Artillery britannique sur fond ocre, encadré d’un typogramme massif. Pas de fioritures, pas de silhouettes lascives, pas d’effets visuels : un canon prêt à tirer.
Pourquoi un canon ?
L’idée des coups de canon sur le morceau éponyme de l’album vient de la retransmission du mariage de Charles et Diana, le 29 juillet 1981. Cérémonie durant laquelle 21 coups de canon retentirent.
Ce son résumait parfaitement le son et l’esprit de l’album. Pendant l’enregistrement du morceau-titre, le groupe cherchait un effet spectaculaire pour renforcer la dimension martiale du refrain. Le producteur Robert John “Mutt” Lange, déjà aux commandes de Highway to Hell et Back in Black, proposa d’intégrer… un coup de canon. Et il y en eu plusieurs. Le morceau devint un mythe qui clôturait chaque concert, avec de vrais canons sur scène, et de vrais tirs pour donner une puissance fabuleuse au final.
Après la cloche, les canons devinrent la signature du groupe, non sans causer des problèmes logistiques, ou légaux. À tel point que le 3 décembre 1981, lors du concert donné au Hartford Civic Center, dans le Connecticut, la police utilise une loi interdisant l’utilisation de canons sur une scène, pour faire interdire le morceau For Those About to Rock pendant le concert.
Durant la tournée américaine de For Those About To Rock, la police locale est fortement soutenue par des groupes de chrétiens puritains, qui distribuent avant les concerts et devant les salles où le groupe doit se produire, des tracts indiquant qu’AC/DC signifie Anti-Christ/Devil Children, en affirmant que les disques du groupe contiennent des messages subliminaux inversés. Brian Johnson parlera d’eux comme des “Cinglés du culte”.
Made in Paris
L’album a été enregistré à Paris, dans une usine désaffectée. Initialement, le band devait enregistrer dans les confortables studios d’EMI Pathé Marconi, dans la capitale, mais le résultat, le son des morceaux ne plaisait pas au groupe.
D’où vient le titre ?
La formule “For those about to rock, we salute you” a été trouvée par Angus Young, en lisant un livre sur les gladiateurs et s’inspire directement des salutations de gladiateurs romains : “Ave Caesar, morituri te salutant”. Ceux qui vont mourir te saluent. AC/DC détourne la phrase en hommage à son public : “Pour ceux qui vont rocker, nous vous saluons.” Une déclaration d’union sacrée entre le groupe et ses fans, immédiatement devenue un slogan universel.
Le groupe
Sur cet album, la formation est dans son âge d’or :
• Brian Johnson – Chant rugueux, chargé d’endosser son second album après la disparition de Bon Scott. Mission accomplie.
• Angus Young – Lead guitar, riffs et solos à haute tension.
• Malcolm Young – Rythmiques millimétrées, colonne vertébrale du groupe.
• Cliff Williams – Basse, solide et implacable.
• Phil Rudd – Batterie, le groove lourd et carré d’AC/DC. Un véritable métronome.
Les morceaux de l’album
Le disque compte 10 titres :
1. For Those About to Rock (We Salute You)
2. Put the Finger on You
3. Let’s Get It Up
4. Inject the Venom
5. Snowballed
6. Evil Walks
7. C.O.D.
8. Breaking the Rules
9. Night of the Long Knives
10. Spellbound
Un ensemble plus varié qu’il n’y paraît, alternant les mid-tempos lourds, les brûlots électriques et les riffs à la signature Angus/Malcolm.
Un album attendu… et un peu comparé
Sortir après Back in Black, c’était comme passer sur scène après un cataclysme. Le précédent opus venait de devenir l’un des albums les plus vendus de l’histoire, avec 50 millions d’albums vendus, devenant ainsi le deuxième album le plus vendu au monde, derrière le ”Thriller” de Michael Jackson et ses 70 millions d’unités écoulées. For Those About to Rock ne fera pas mieux. Difficile d’égaler un monument. Mais il reste un succès colossal :
• Premier album d’AC/DC à être n°1 au Billboard 200,
• Multi-disque de platine dans plusieurs pays,
• Une tournée gigantesque (avec de vrais canons sur scène),
• 13 millions d’albums vendus dans le monde, dont 4 millions aux USA.
L’accueil critique fut partagé : certains le trouvèrent moins sauvage que Highway to Hell, d’autres le jugèrent plus riche que Back in Black. Le public, lui, a tranché : un classique.
À la sortie du disque, Malcolm Young avait déclaré à Metal CD Magazine, en 1992 : “On a mis un siècle à le boucler cet album, et putain ça s’entend ! Il est trop fragmenté, tout le contraire d’un bon disque d’AC/DC.”
Anecdotes et histoires de coulisses
Quelques histoires qui nourrissent la légende :
• L’enregistrement fut tendu
C’est le dernier album produit par Mutt Lange pour AC/DC. Les sessions furent longues, méticuleuses, parfois trop selon Angus. Lange cherchait la perfection ; AC/DC préférait l’électricité brute. Après cet album, ils ne retravailleront plus ensemble.
• Le canon… difficile à dompter
Pour le morceau-titre, les ingénieurs ont dû enregistrer les canons depuis plusieurs distances : de près (trop fort), de loin (trop faible), dans des hangars… La version finale est un mix de plusieurs tirs, combinés pour obtenir ce “BOOM” devenu mythique.
• “Night of the Long Knives” n’a aucun lien nazi
Contrairement à ce que certains médias avaient suggéré à l’époque, le morceau ne traite pas de l’histoire allemande. AC/DC utilisait simplement l’expression comme métaphore d’un règlement de comptes. Le titre seul évoque directement la nuit durant laquelle 85 nazis furent exécutés, par le mouvement nazi, dans la nuit du 29 au 30 juin 1934.
• Le riff de Let’s Get It Up venait d’un jam improvisé
C’est Malcolm Young qui a lancé l’idée en studio, une progression simple mais irrésistible. Angus a ensuite brodé autour, donnant l’un des morceaux les plus efficaces du disque.
• Le manager du groupe, Peter Mensch, est viré sans aucune explication par le groupe, après 3 ans de bons et loyaux services.
Un héritage tonitruant
For Those About to Rock (We Salute You) reste l’un des disques les plus emblématiques d’AC/DC. Pas le plus vendu. Pas le plus commenté. Mais probablement le plus cérémonial : un album qui élève le rock au rang de rituel, avec canons, hymnes et saluts militaires, version guitare Gibson SG.
Quarante-quatre ans plus tard, quand les premières notes se lancent et que les canons tonnent, une seule chose à dire : For those about to rock, we still salute you.

Créateur de MonsieurVintage, Philippe est un passionné de belles mécaniques, de voyages et d’objets qui ont une âme. À travers son regard, chaque moto, voiture ou destination raconte une histoire, dans une quête d’authenticité et d’élégance intemporelle.
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