Platoon, le chef d’œuvre d’Oliver Stone diffusé sur ARTE
Dimanche 15 février 2026 à 21h00, ARTE proposera à ses téléspectateurs un monument du cinéma américain : Platoon, le film d’Oliver Stone qui a profondément marqué la représentation de la guerre du Viêtnam à l’écran. Sorti il y a 40 ans, en 1986, couronné par quatre Oscars dont celui du Meilleur film, ce long métrage reste l’un des témoignages les plus puissants et les plus personnels jamais portés sur ce conflit.
Une œuvre née de l’expérience
À l’origine de Platoon, il y a une histoire intime. Oliver Stone n’a pas imaginé la guerre : il l’a vécue. Engagé volontaire à 19 ans, il est envoyé au Viêtnam en 1967. De cette expérience fondatrice, douloureuse et déterminante, naît un premier scénario au début des années 1970. Trop sombre, trop critique, trop éloigné des récits héroïques alors dominants, le projet mettra plus de dix ans à voir le jour.
Lorsque le film sort en 1986, le contexte hollywoodien est plutôt favorable aux récits patriotiques. À rebours de cette tendance, Platoon adopte un point de vue frontal, désenchanté, presque documentaire. Stone inaugure ainsi une trilogie consacrée au Viêtnam, qu’il poursuivra avec Né un 4 juillet puis Entre ciel et terre, trois films complémentaires autour de la guerre et de ses cicatrices.
L’enfer vu de l’intérieur
L’histoire débute en septembre 1967. Chris Taylor, jeune Américain issu d’un milieu aisé, abandonne l’université pour s’engager. À son arrivée au Viêtnam, il découvre un quotidien fait d’épuisement, de marches interminables dans la jungle, de peur permanente et d’ennemi invisible. Très vite, l’idéalisme du volontaire se fissure.
Au sein du peloton, deux figures dominent : le sergent-chef Barnes, autoritaire, brutal, prêt à tout pour survivre ; et le sergent Elias, plus réfléchi, plus humain, qui tente de préserver une forme de morale au cœur du chaos. Après une opération qui dégénère dans un village vietnamien, la fracture devient irréversible. Le peloton se scinde en deux camps. La guerre n’est plus seulement contre l’ennemi extérieur : elle se joue aussi entre frères d’armes.
Filmé au plus près des corps, au ras du sol, dans la boue et la moiteur, Platoon montre la lente érosion de l’humanité sous l’effet de la peur et de la violence.

Tom Berenger (Sergent Barnes) et Willem Dafoe (Sergent Elias) dans “Platoon” d’Oliver Stone. Crédit photo : © 1986 Orion Pictures Corporation. All Rights Reserved
Une distribution habitée
Le rôle de Chris Taylor est confié à Charlie Sheen, dont le personnage sert de relais au regard du spectateur. Face à lui, Tom Berenger compose un Barnes glaçant, incarnation d’une logique de survie devenue inhumaine. Willem Dafoe, dans le rôle d’Elias, offre une interprétation bouleversante qui marquera durablement les esprits. Autour d’eux gravitent notamment Forest Whitaker, Kevin Dillon, Keith David ou encore John C. McGinley.
Pour renforcer l’authenticité, les comédiens suivent un entraînement militaire intensif aux Philippines, où se déroule le tournage. Conditions spartiates, immersion totale, fatigue réelle : cette préparation contribue à la tension palpable à l’écran.
Un choc critique et public
À sa sortie, Platoon rencontre un immense succès. Le film remporte l’Oscar du Meilleur film, du Meilleur réalisateur, du Meilleur montage et du Meilleur son en 1987. Il est également salué aux Golden Globes, aux BAFTA et à la Berlinale. Au-delà des récompenses, c’est son impact culturel qui impressionne : le public découvre une représentation de la guerre du Viêtnam débarrassée de toute glorification.
Loin du spectaculaire triomphant, Stone privilégie la confusion, la peur, l’ambiguïté morale. Il met en scène de jeunes hommes souvent issus des classes populaires, envoyés au front sans préparation psychologique, confrontés à des choix impossibles.
Avec un budget initial assez réduit de 6 millions de dollars, Platoon en rapportera 150 millions dans le monde. En France, il réalisera 3 millions d’entrées.

Charlie Sheen (Chris Taylor) dans “Platoon” d’Oliver Stone. Crédit photo : © 1986 Orion Pictures Corporation. All Rights Reserved.
Une scène entrée dans la mémoire collective
Certaines images de Platoon sont devenues iconiques. La plus célèbre reste celle d’Elias, les bras levés vers le ciel avant de s’effondrer sous les balles (affiche du film), sur les notes de l’“Adagio for Strings ” de Samuel Barber. Cette séquence, d’une intensité tragique rare, est aujourd’hui indissociable de la mémoire cinématographique du conflit vietnamien.
Un classique du film de guerre
Platoon fait partie des classiques du genre, avec Apocalypse Now ( Francis Ford Coppola), Full Metal Jacket (Stanley Kubrick), Il faut sauver le soldat Ryan (Steven Spielberg), La ligne rouge (Terrence Malick), Voyage au bout de l’enfer (Michael Cimino), Les sentiers de la gloire (Stanley Kubrick) et Le jour le plus long (Ken Annakin, Andrew Marton et Bernhard Wicki).
Son côté authentique, l’expérience vécue par le réalisateur et la qualité d’interprétation des acteurs en font une référence. Pour celles et ceux qui n’ont jamais vu le film, le 15 février 2026 sera l’occasion de remédier à ce manque.
Héritage et actualité
Quarante ans après sa sortie, Platoon conserve une force intacte. Il ne se contente pas de raconter la guerre : il en interroge la mécanique morale. Jusqu’où peut-on aller pour survivre ? Que reste-t-il de l’éthique quand la peur domine tout ? Ces questions dépassent le cadre du Viêtnam et résonnent encore aujourd’hui.
En programmant ce film le 15 février 2026 à 21h00, ARTE offre l’occasion de redécouvrir une œuvre majeure, à la fois fresque historique, drame humain et confession cinématographique. Platoon demeure un film essentiel, un cri de vérité porté par un cinéaste qui a choisi de transformer son traumatisme en œuvre d’art.
PLATOON – Film d’Oliver Stone (États-Unis, 1986, 1h54mn, VF/VOSTF) – Scénario : Oliver Stone – Avec : Charlie Sheen, Tom Berenger, Willem Dafoe, Forest Whitaker, Kevin Dillon, Keith David, Francesco Quinn, John C. McGinley, Reggie Johnson – Production : Hemdale Films Corporation.
Meilleurs film, réalisateur, montage, son, Oscars 1987 – Meilleurs film dramatique, réalisateur, acteur dans un second rôle (Tom Berenger), Golden globes 1987 – Ours d’argent du meilleur réalisateur, Berlinale 1987 – Meilleurs réalisateur, montage, Bafta Awards 1988.
Crédit photo : © 1986 Orion Pictures Corporation. All Rights Reserved.

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