Lalo Schifrin, compositeur du mythique générique de “Mission Impossible” nous a quittés
Le monde du cinéma, du jazz et de la télévision perd l’un de ses compositeurs les plus stylés et les plus inclassables. Lalo Schifrin, argentin de naissance, américain de musique, s’est éteint. Il laisse derrière lui une bande-son mythique du XXe siècle, imprégnée de contrebasse feutrée, de cuivres mordants et de battements de cœur syncopés. Un son reconnaissable entre mille. Vintage, mais éternel.
Une jeunesse entre deux mondes : tango et conservatoire
De son vrai nom Boris Claudio Schifrin, Lalo voit le jour à Buenos Aires en 1932. Fils de Luis Schifrin, premier violon du Teatro Colón, il baigne dans la musique classique dès l’enfance. Mais c’est dans le jazz qu’il va allumer sa première mèche. Après des études au conservatoire de Paris dans les années 50 (aux côtés d’Oliver Messiaen), il rentre en Argentine bardé de diplômes… et de disques de Dizzy Gillespie dans les valises.
Le jazz devient son terrain de jeu. Un jazz cosmopolite, qui se nourrit de ses racines latines, de ses études classiques et de son amour pour l’improvisation. Une fusion avant l’heure.
Hollywood swingue avec Schifrin
Le grand tournant ? Sa rencontre avec Dizzy Gillespie en 1956. Il rejoint son orchestre comme pianiste et arrangeur. Sa réputation monte vite. Dans un monde où l’orchestre se codifie, Schifrin, lui, bouscule. Il fusionne, ose, structure, déstructure.
Hollywood, dans les années 60, cherche de nouveaux sons pour de nouveaux héros. Exit les symphonies classiques : place aux rythmes urbains, aux ambiances haletantes. Lalo Schifrin débarque alors dans la jungle des studios avec ses partitions percussives et ses arrangements électrisants.
« This tape will self-destruct… »
1966. Une série américaine débarque sur CBS : Mission: Impossible. Le générique ? Un battement frénétique en 5/4, signature mathématique quasi hérétique pour la télévision. Résultat : un thème culte, devenu un des morceaux les plus reconnaissables au monde. Signe distinctif ? Une bombe à retardement rythmique, un groove tendu comme une corde de piano, des arrangements secs et claquants, presque militaires, mais irrésistiblement jazzy. Schifrin vient d’inventer la bande-son du suspense moderne.
Des BO de légende
Mais Lalo, ce n’est pas qu’un tube. C’est plus de 100 bandes originales à son actif. Parmi elles :
• Bullitt (1968), avec Steve McQueen, et sa fameuse course-poursuite à San Francisco. Jazz électrique, tension urbaine.
• Dirty Harry (1971), pour Clint Eastwood, avec une musique moite, urbaine, presque funk.
• Enter the Dragon (1973), avec Bruce Lee : une BO martiale, orientalisante, groovy, culte chez les amateurs de breakbeat.
Sans oublier le célèbre générique de la série “Starsky & Hutch”. Son style ? Un cocktail explosif : jazz modal, orchestre symphonique, rythmes latins, parfois funk, souvent swing. Il crée la tension par le rythme, pas par la grandiloquence. Le vintage Schifrin, c’est l’élégance de la menace.
Une patte unique, un héritage immense
Schifrin a traversé les décennies sans jamais renier ses influences. Il a bossé avec les plus grands : Quincy Jones, Henry Mancini, Herbie Hancock. Il a écrit pour le cinéma, la télé, la scène, le jazz, la musique classique. Mais toujours avec cette griffe : l’hybride raffiné, le groove savant, le jazz narratif.
Lalo s’en est allé, mais le rythme continue
À l’heure où les génériques deviennent interchangeables, Schifrin nous rappelle qu’une intro peut devenir immortelle. Que le bon arrangement fait autant qu’un bon scénario. Que la musique peut être un personnage à part entière.
Lalo Schifrin, c’était un peu le John Barry latin, le Michel Legrand percussif, le Bernard Herrmann syncopé. Mais surtout, c’était Lalo. Inimitable. Inaltérable. Indispensable.
Son dernier accord s’est éteint. Mais sur les platines des passionnés de groove orchestral, dans les clubs qui samplent son art, ou dans les souvenirs en Technicolor d’une génération, le son Schifrin continuera de pulser.

Créateur de MonsieurVintage, Philippe est un passionné de belles mécaniques, de voyages et d’objets qui ont une âme. À travers son regard, chaque moto, voiture ou destination raconte une histoire, dans une quête d’authenticité et d’élégance intemporelle.
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