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Peu de compositeurs ont marqué l’histoire du cinéma avec autant de force qu’Ennio Morricone. Son nom est indissociable des plus grands chefs-d’œuvre du septième art, mais son influence dépasse largement le cadre des salles obscures. Pendant plus de soixante ans, le musicien italien a composé des mélodies qui continuent d’émouvoir des générations entières. Des westerns de Sergio Leone aux drames de Giuseppe Tornatore, des thrillers de Brian De Palma aux films de Quentin Tarantino, Morricone a su transformer la musique de film en un véritable personnage, capable de raconter une histoire à lui seul.

À sa disparition, le 6 juillet 2020, le monde perdait l’un des plus grands compositeurs de tous les temps. Mais son héritage demeure colossal : plus de 500 musiques de films et de séries, plus de 100 œuvres classiques, des centaines de concerts et plusieurs centaines de millions d’albums vendus à travers le monde.

Une enfance bercée par la musique

Ennio Morricone naît le 10 novembre 1928, à Rome, dans une Italie qui vit sous le régime fasciste de Benito Mussolini. Son père, Mario Morricone, est trompettiste professionnel. Il joue dans des orchestres de jazz et accompagne les projections de cinéma muet. Sa mère, Libera Ridolfi, s’occupe du foyer.

Très tôt, le jeune Ennio montre des dispositions musicales exceptionnelles. À seulement six ans, il compose déjà de petites mélodies. Son père lui apprend la trompette, instrument qui deviendra son premier grand amour.

La Seconde Guerre mondiale marque profondément son enfance. Malgré les difficultés économiques, ses parents encouragent son talent. À l’âge de douze ans, il est admis au prestigieux Conservatoire Sainte-Cécile de Rome, l’une des plus anciennes écoles de musique d’Europe.

Là, il étudie :

  • La trompette ;
  • L’harmonie ;
  • Le contrepoint ;
  • La composition ;
  • La direction d’orchestre.

Son professeur principal est le compositeur italien Goffredo Petrassi, considéré comme l’un des plus grands musiciens italiens du XXᵉ siècle. Petrassi lui transmet une rigueur exceptionnelle qui marquera toute sa carrière.

Morricone obtient brillamment plusieurs diplômes, notamment celui de composition avec les félicitations du jury.

Les débuts d’un jeune musicien prometteur

À la sortie du conservatoire, Ennio Morricone ne rêve pas encore de cinéma. Son ambition est de devenir compositeur de musique classique. Mais il doit gagner sa vie. Il commence alors comme trompettiste dans différents orchestres romains, avant d’être recruté par la radio italienne RAI.

Dans les années 1950, il travaille également comme arrangeur pour la maison de disques RCA Italiana. C’est un travail peu prestigieux mais extrêmement formateur. Il écrit des orchestrations pour de nombreux chanteurs italiens. Son talent attire rapidement l’attention. Il collabore notamment avec :

  • Mina ;
  • Gianni Morandi ;
  • Edoardo Vianello ;
  • Rita Pavone ;
  • Paul Anka ;
  • Charles Aznavour.

Cette expérience lui permet d’apprendre à écrire des mélodies immédiatement mémorisables, qualité qui fera plus tard sa renommée mondiale.

La rencontre qui va changer sa vie

Le destin bascule lorsqu’il retrouve un ancien camarade d’école primaire : Sergio Leone. Les deux hommes se connaissent depuis leur enfance. Au début des années 1960, Leone prépare un western très particulier. Il demande à Morricone d’en écrire la musique. Le film s’intitule Pour une poignée de dollars (1964). C’est une révolution.

La naissance du western spaghetti

Avant Morricone, les westerns utilisent essentiellement de grands orchestres hollywoodiens. L’Italien casse tous les codes. Il ose utiliser :

  • Des sifflements ;
  • Des claquements de fouet ;
  • Des coups de feu ;
  • Des guitares électriques ;
  • Des harmonicas ;
  • Des cloches ;
  • Des cris humains ;
  • Des chants sans paroles ;
  • Des carillons ;
  • Des guimbardes.

Chaque son devient un instrument et chaque personnage possède son propre thème musical. Cette manière de composer est totalement nouvelle.

Les films de Sergio Leone deviennent rapidement culte :

  • Pour une poignée de dollars (1964)
  • Et pour quelques dollars de plus (1965)
  • Le Bon, la Brute et le Truand (1966)
  • Il était une fois dans l’Ouest (1968)
  • Il était une fois la Révolution (1971)
  • Il était une fois en Amérique (1984)

Le thème du Bon, la Brute et le Truand est aujourd’hui l’une des musiques les plus célèbres de toute l’histoire du cinéma.

Un style unique au monde

Morricone refusait d’écrire des musiques “de fond”. Pour lui, la musique devait participer pleinement au récit. Il disait souvent : “La musique doit être invisible… mais indispensable.” Son style repose sur plusieurs éléments :

  • Des mélodies extrêmement simples mais inoubliables ;
  • Des orchestrations très sophistiquées ;
  • Un mélange permanent entre musique classique et populaire ;
  • Une utilisation inventive des silences ;
  • Des instruments inhabituels ;
  • Des chœurs puissants.

Il pouvait faire naître une émotion immense avec seulement quelques notes.

Bien plus que les westerns

Si les westerns l’ont rendu célèbre, Morricone a composé dans tous les genres. Parmi ses chefs-d’œuvre figurent notamment :

  • Mission (1986)
  • Cinéma Paradiso (1988)
  • Les Incorruptibles (1987)
  • Le Clan des Siciliens (1969)
  • Il était une fois en Amérique
  • Le Professionnel
  • Malèna
  • La Légende du pianiste sur l’océan
  • Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon
  • Les Huit Salopards (2015)

Le thème de Mission, mêlant hautbois, chœurs et influences sud-américaines, est régulièrement cité parmi les plus belles musiques de film jamais composées.

Une manière de travailler hors du commun

Morricone travaillait avec une discipline impressionnante. Il se levait très tôt. Chaque matin, il composait plusieurs heures sans interruption. Contrairement à beaucoup de compositeurs hollywoodiens, il écrivait toute sa musique à la main. Souvent, il composait avant même le tournage.

Les réalisateurs faisaient ensuite jouer ses partitions sur le plateau afin que les acteurs puissent jouer au rythme de la musique. Sergio Leone disait que ses films étaient tournés “sur la musique de Morricone”.

Une production gigantesque

Les chiffres donnent le vertige.

Au cours de sa carrière, Morricone compose :

  • Plus de 500 musiques de films et de séries (certaines estimations dépassent les 520) ;
  • Plus de 100 œuvres de musique classique ;
  • Des dizaines de pièces de musique de chambre ;
  • Plusieurs opéras ;
  • De nombreuses œuvres religieuses.

Il a dirigé des centaines de concerts dans le monde entier devant des millions de spectateurs. Ses bandes originales se sont vendues à plus de 70 millions d’exemplaires, ce qui en fait l’un des compositeurs de musique de film les plus vendus de l’histoire.

Une reconnaissance mondiale

Pendant longtemps, Hollywood tarde pourtant à lui remettre l’Oscar qu’il mérite. Il est nommé à plusieurs reprises sans jamais l’obtenir. En 2007, il reçoit finalement un Oscar d’honneur récompensant l’ensemble de sa carrière. En 2016, à 87 ans, il remporte enfin l’Oscar de la meilleure musique originale pour Les Huit Salopards de Quentin Tarantino. Le public lui réserve une ovation historique. Il devient alors le lauréat le plus âgé de cette catégorie.

Au total, il reçoit notamment :

    • Deux Oscars ;
    • Trois Grammy Awards ;
    • Trois Golden Globes ;
    • Six BAFTA ;
    • Dix David di Donatello ;
    • Onze Nastro d’Argento ;
    • Le Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière à la Mostra de Venise ;
    • Le Prix Princesse des Asturies des Arts.

 Son influence sur les plus grands réalisateurs

 Morricone a travaillé avec les plus grands noms du cinéma :

  • Sergio Leone ;
  • Giuseppe Tornatore ;
  • Roland Joffé ;
  • Brian De Palma ;
  • Roman Polanski ;
  • Pier Paolo Pasolini ;
  • Quentin Tarantino ;
  • Terrence Malick ;
  • John Carpenter ;
  • Oliver Stone.

Beaucoup de réalisateurs affirmaient adapter leurs scènes à sa musique, et non l’inverse.

Une influence qui dépasse le cinéma

Son œuvre inspire également des artistes issus de tous les univers musicaux.

Parmi eux :

  • Bruce Springsteen ;
  • Metallica (qui ouvre ses concerts depuis des décennies avec The Ecstasy of Gold) ;
  • Muse ;
  • Hans Zimmer ;
  • John Williams ;
  • Alexandre Desplat.

Aujourd’hui encore, ses thèmes sont régulièrement repris dans les concerts symphoniques, les publicités, les jeux vidéo et les séries télévisées.

Un homme discret

Malgré sa célébrité mondiale, Morricone mène une vie simple. Il reste fidèle à Rome toute son existence. Marié à Maria Travia dès 1956, il partage avec elle plus de soixante ans de vie commune. Le couple a quatre enfants. Peu attiré par les mondanités, il préfère consacrer son temps à sa famille, à l’écriture et à la musique.

La fin d’une légende

Le 6 juillet 2020, Ennio Morricone meurt à Rome à l’âge de 91 ans, des suites de complications après une fracture du col du fémur. Avant son décès, il rédige lui-même un émouvant message d’adieu destiné à être publié après sa mort. Il y remercie le public, ses collaborateurs et adresse une déclaration d’amour à son épouse, qu’il décrit comme “la compagne de toute une vie”.

La fortune d’Ennio Morricone : un patrimoine bâti sur plus de soixante ans de carrière

Pendant plus de six décennies, Ennio Morricone a connu un succès exceptionnel, aussi bien artistique que commercial. Compositeur de plus de 500 musiques de films et de séries, auteur de plus d’une centaine d’œuvres classiques, chef d’orchestre et interprète de ses propres créations lors de tournées internationales, il a naturellement accumulé un patrimoine important.

Aucun document officiel n’a toutefois révélé le montant exact de sa fortune. Les estimations publiées par différents médias spécialisés varient généralement entre 20 et 50 millions de dollars au moment de son décès, le 6 juillet 2020. Ces chiffres restent des estimations, la famille Morricone n’ayant jamais communiqué publiquement sur son patrimoine.

Cette fortune provenait de plusieurs sources de revenus :

  • Les droits d’auteur générés par ses centaines de bandes originales ;
  • Les ventes de dizaines de millions d’albums à travers le monde ;
  • Les redevances liées aux diffusions de ses œuvres au cinéma, à la télévision et à la radio ;
  • Ses nombreux concerts symphoniques donnés en Europe, en Amérique et en Asie ;
  • Les commandes de musiques originales pour le cinéma et la télévision.

Contrairement à de nombreuses célébrités, Ennio Morricone n’a jamais affiché un train de vie extravagant. Il est resté fidèle à Rome, où il a vécu presque toute son existence avec son épouse Maria Travia et leurs enfants. Peu attiré par le luxe ou les mondanités, il privilégiait une vie discrète, entièrement tournée vers la composition musicale.

Son véritable héritage dépasse d’ailleurs largement toute considération financière. Les centaines d’œuvres qu’il a laissées continuent de générer des droits d’auteur et sont régulièrement jouées dans les salles de concert, utilisées dans des films, des documentaires ou des publicités, assurant à son œuvre une valeur artistique et économique durable.

Plus que sa fortune personnelle, c’est donc son immense patrimoine musical qui constitue la plus grande richesse laissée par Ennio Morricone : un catalogue considéré comme l’un des plus prestigieux de toute l’histoire de la musique de film.

20 choses à retenir sur Ennio Morricone

  1. Il composait déjà à l’âge de six ans

Ennio Morricone écrit ses premières petites mélodies alors qu’il n’a que six ans. Son père, trompettiste professionnel, remarque très tôt son talent exceptionnel et l’encourage à suivre une formation musicale.

  1. Il a terminé ses études bien plus vite que prévu

Admis à douze ans au prestigieux Conservatoire Sainte-Cécile de Rome, Morricone impressionne ses professeurs par sa précocité. Il termine certaines étapes de son cursus beaucoup plus rapidement que les autres élèves.

  1. Sergio Leone était son camarade de classe

L’une des plus célèbres collaborations de l’histoire du cinéma est née… sur les bancs de l’école. Ennio Morricone et Sergio Leone avaient fréquenté la même école primaire à Rome avant de se retrouver, vingt ans plus tard, pour révolutionner le western.

  1. Il ne voulait pas devenir compositeur de cinéma

Son rêve était de devenir un grand compositeur de musique classique. Il considérait d’ailleurs longtemps la musique de film comme un simple moyen de gagner sa vie, avant d’en faire un véritable art.

  1. Il utilisait des bruits improbables comme instruments

Sifflements, coups de fouet, cloches, coups de feu, guimbarde, harmonica, guitare électrique, cris humains, claquements de mains… Morricone transformait des sons du quotidien en véritables instruments de musique, une approche totalement révolutionnaire dans les années 1960.

  1. Il composait parfois avant même le tournage

Avec Sergio Leone, il arrivait que la musique soit écrite avant les prises de vues. Les thèmes étaient diffusés sur le plateau afin que les acteurs jouent au rythme de la partition, une méthode extrêmement rare au cinéma.

  1. Il écrivait encore tout à la main

Alors que les ordinateurs envahissaient les studios, Morricone continua toute sa vie à écrire ses partitions au crayon sur du papier à musique, refusant d’abandonner sa méthode traditionnelle.

  1. Il refusait de vivre à Hollywood

Malgré les propositions répétées des grands studios américains, il déclina plusieurs offres d’installation aux États-Unis, préférant rester vivre à Rome avec sa famille.

  1. Il est resté marié plus de soixante ans

Ennio Morricone épouse Maria Travia en 1956. Leur union durera jusqu’à sa disparition en 2020, soit près de soixante-quatre ans de mariage. Maria écrira d’ailleurs les paroles de plusieurs de ses compositions.

  1. Il adorait les échecs

Peu de gens le savent, mais Morricone était un passionné d’échecs. Il comparait souvent la composition musicale à une partie d’échecs, où chaque décision influence l’ensemble de l’œuvre. Cette passion est évoquée dans le documentaire Ennio de Giuseppe Tornatore.

  1. Il composait avec une discipline de fer

Morricone travaillait presque tous les jours, à heures fixes. Il considérait que l’inspiration venait en travaillant, et non en attendant qu’elle se présente.

  1. Il a écrit plus de 500 musiques de films

Peu de compositeurs peuvent revendiquer une telle productivité. Au cours de sa carrière, il compose plus de 500 bandes originales pour le cinéma et la télévision, auxquelles s’ajoutent plus d’une centaine d’œuvres classiques.

  1. Son Oscar est arrivé très tard

Malgré plusieurs nominations, Hollywood l’ignore pendant des décennies. Il reçoit un Oscar d’honneur en 2007, avant de remporter enfin l’Oscar de la meilleure musique originale en 2016, à 87 ans, pour Les Huit Salopards de Quentin Tarantino.

  1. Quentin Tarantino était un immense admirateur

Avant même de travailler avec lui, Quentin Tarantino utilisait déjà des compositions de Morricone dans plusieurs de ses films. Leur collaboration sur Les Huit Salopards permettra enfin au maestro de décrocher son premier Oscar compétitif.

  1. Metallica ouvre ses concerts avec sa musique

Depuis les années 1980, le groupe de heavy metal Metallica fait son entrée sur scène au son de The Ecstasy of Gold, extrait de Le Bon, la Brute et le Truand. Cette tradition est devenue l’une des plus célèbres de l’histoire du rock.

  1. Il regrettait de ne jamais avoir travaillé avec Stanley Kubrick

Parmi les rares regrets de sa carrière, Morricone citait souvent l’absence de collaboration avec Stanley Kubrick, qu’il admirait profondément.

  1. Il a influencé plusieurs générations de compositeurs

Hans Zimmer, Alexandre Desplat, John Williams ou encore de nombreux musiciens de rock et de musique électronique reconnaissent avoir été influencés par son travail. Son style continue d’être étudié dans les conservatoires du monde entier.

  1. Il écrivait aussi de la musique expérimentale

En parallèle de ses bandes originales, Morricone faisait partie d’un collectif d’avant-garde, le Gruppo di Improvvisazione Nuova Consonanza, où il expérimentait des sons et des techniques très éloignés du cinéma.

  1. Il a rédigé lui-même son message d’adieu

Avant sa mort, Ennio Morricone écrivit personnellement une lettre destinée à être publiée après son décès. Il y remerciait ses proches, ses amis et ses admirateurs, tout en demandant des funérailles privées pour “ne pas déranger”. Ce texte, d’une grande sobriété, a profondément ému le monde entier.

  1. Sa musique est devenue immortelle

Peu de compositeurs peuvent se vanter que quelques notes suffisent à les identifier instantanément. Les thèmes du Bon, la Brute et le Truand, d’Il était une fois dans l’Ouest, de Mission ou de Cinéma Paradiso sont aujourd’hui considérés comme faisant partie du patrimoine musical mondial, preuve qu’Ennio Morricone a dépassé le statut de simple compositeur de cinéma pour devenir l’un des plus grands musiciens du XXᵉ siècle.

Enfin et pour conclure, l’agent d’Ennio Morricone demandait aux journalistes d’appeler le compositeur “Maestro” et de ne jamais lui demander de jouer du piano. Morricone était un compositeur, pas un interprète. Et il lui est arrivé de ne pas répondre à certaines questions, quand son interviewer omettait de l’appeler “Maestro”.

Les plus belles œuvres d’Ennio Morricone

S’il ne fallait retenir qu’une composition d’Ennio Morricone, beaucoup de critiques, de musiciens et de cinéphiles citeraient “Gabriel’s Oboe”, composée pour le film Mission (1986), comme le chef-d’œuvre absolu d’Ennio Morricone.

Voici un classement des œuvres les plus emblématiques de sa carrière.

  1. Gabriel’s Oboe (Mission, 1986)

C’est probablement sa composition la plus émouvante. Interprétée au hautbois, elle mêle une mélodie d’une grande simplicité à une orchestration d’une rare intensité. Ce thème est régulièrement classé parmi les plus belles musiques de film de tous les temps.

Beaucoup de chefs d’orchestre la considèrent comme un véritable chef-d’œuvre de la musique contemporaine.

  1. Cinema Paradiso (1988)

Écrite avec son fils Andrea Morricone, cette musique est une déclaration d’amour au cinéma. Son thème principal évoque l’enfance, les souvenirs et la nostalgie avec une émotion bouleversante.

  1. Il était une fois dans l’Ouest (1968)

Le thème de Jill, porté par la voix de la soprano Edda Dell’Orso, est considéré comme l’un des sommets de la musique de western. Quant au thème de l’Harmonica, il est devenu l’une des signatures musicales les plus célèbres de l’histoire du cinéma.

  1. The Ecstasy of Gold (Le Bon, la Brute et le Truand, 1966)

Impossible d’oublier cette montée orchestrale qui accompagne la scène du cimetière. Cette musique est devenue culte, au point d’être utilisée depuis plus de quarante ans par le groupe Metallica pour ouvrir chacun de ses concerts.

  1. Deborah’s Theme (Il était une fois en Amérique, 1984)

Une mélodie d’une délicatesse exceptionnelle, souvent considérée comme l’une des plus belles pages romantiques jamais écrites pour le cinéma.

  1. Le Clan des Siciliens (1969)

Un thème immédiatement reconnaissable, mêlant jazz, orchestre symphonique et tension dramatique. Il est devenu un classique du cinéma français.

    1. Chi Mai (Le Professionnel, 1981)

Bien que composée à l’origine pour un autre film, cette mélodie est devenue mondialement célèbre grâce au film avec Jean-Paul Belmondo. C’est l’une des œuvres les plus populaires de Morricone.

  1. La Califfa (1970)

Une musique d’une grande élégance, moins connue du grand public mais très appréciée des amateurs de musique de film.

  1. Malèna (2000)

Une partition raffinée, romantique et profondément mélancolique, qui accompagne parfaitement le film de Giuseppe Tornatore.

  1. Les Huit Salopards (2015)

Cette bande originale, sombre et oppressante, lui vaut enfin l’Oscar de la meilleure musique originale en 2016, à l’âge de 87 ans.

L’avis des spécialistes

Si l’on s’appuie sur les critiques, les musiciens et les classements consacrés à la musique de film, les trois partitions qui reviennent le plus souvent sont :

Gabriel’s Oboe (Mission)

Cinema Paradiso

Il était une fois dans l’Ouest

Ces trois œuvres illustrent parfaitement l’immense talent de Morricone : une écriture mélodique immédiatement mémorisable, une orchestration raffinée et une capacité unique à traduire les émotions en musique.

Enfin, si vous souhaitez découvrir toute la richesse de son œuvre, je vous conseille d’écouter ces dix thèmes dans cet ordre : Gabriel’s Oboe, Cinema Paradiso, Deborah’s Theme, The Ecstasy of Gold, L’Uomo dell’Armonica, Chi Mai, Jill’s Theme, Le Clan des Siciliens, La Califfa et Love Theme (Cinéma Paradiso). À eux seuls, ils résument pourquoi Ennio Morricone est considéré comme l’un des plus grands compositeurs de l’histoire du cinéma.

Un héritage éternel

Ennio Morricone n’a pas seulement composé des musiques de films. Il a redéfini le rôle de la musique au cinéma. Grâce à lui, une bande originale n’est plus un simple accompagnement : elle devient une voix, une émotion, une mémoire. Ses partitions savent faire naître la tension, la nostalgie, la grandeur ou le silence avec une force rare.

Son génie réside dans cette capacité unique à mêler sophistication musicale et immédiateté émotionnelle. Quelques notes d’harmonica dans Il était une fois dans l’Ouest, le thème poignant de Cinéma Paradiso ou les envolées lyriques de Mission suffisent à évoquer des images gravées dans la mémoire collective.

Plus de six décennies après ses débuts, son œuvre continue d’être étudiée dans les conservatoires, interprétée par les plus grands orchestres et célébrée par les cinéphiles du monde entier. Ennio Morricone a laissé un patrimoine musical d’une richesse exceptionnelle qui traverse les époques sans perdre de sa puissance.

Rares sont les compositeurs dont la musique est immédiatement reconnaissable dès les premières secondes. Morricone appartient à ce cercle très fermé. À l’instar de Mozart, Beethoven ou Bach dans la musique classique, il demeure l’une des figures les plus universelles de la musique de film. Ses partitions ne se contentent pas d’accompagner les images : elles les transcendent, faisant de chaque film une expérience émotionnelle inoubliable.

Crédit photo : Olivier Strecker© - Ennio Morricone au Festival de Cannes en 2007.
Philippe Pillon

Créateur de Monsieur Vintage, Philippe est un passionné de belles mécaniques, de voyages et d’objets qui ont une âme. À travers son regard, chaque moto, voiture ou destination raconte une histoire, dans une quête d’authenticité et d’élégance intemporelle.

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