5 bonnes raisons de regarder « Rendez-vous avec la mort » sur ARTE
Un casting de légendes réuni pour la dernière enquête de Poirot
Peter Ustinov incarne Hercule Poirot pour la sixième et dernière fois dans Rendez-vous avec la mort, sorti en 1988. Ce fait seul suffit à placer le film dans une catégorie à part. Dix ans après Mort sur le Nil, le rideau tombe définitivement sur cette version du célèbre détective belge, et chaque scène prend rétrospectivement une saveur d’adieu.
Le paradoxe physique est immédiatement visible. Agatha Christie avait imaginé Poirot comme un petit homme rondouillard, la tête en forme d’œuf, presque comique dans son apparence. Ustinov, lui, affiche 1,82 m et une carrure imposante qui n’ont rien de la silhouette décrite dans les romans. Pourtant, le tour de force est là : l’acteur transcende l’écart entre sa stature et le personnage par une précision dans le jeu, un humour à la fois fin et légèrement vaniteux, une façon de mener ses suspects au bord du gouffre avec une courtoisie redoutable. On oublie très vite le gabarit pour ne retenir que le caractère.
Ustinov ne ressemble pas à Poirot, et c’est précisément pour ça qu’il le rend inoubliable.
Autour de lui, le casting constitue l’autre argument massue du film. Lauren Bacall, icône absolue du cinéma classique américain, donne la réplique dans le rôle de Lady Westholme, parlementaire arrogante et suspecte de premier choix. Face à elle, Carrie Fisher incarne Nadine Boynton, la belle-fille de la victime, épouse de Lennox Boynton, le beau-fils d’Emily. Voir ces deux femmes partager l’écran constitue une rareté que l’histoire du cinéma n’a guère répétée.
La liste ne s’arrête pas là. John Gielgud, l’un des plus grands acteurs shakespeariens du XXe siècle, apparaît dans le rôle du Colonel Carbury. Piper Laurie, mémorable dans Carrie de Brian De Palma, campe Emily Boynton, la marâtre tyrannique dont le meurtre déclenche toute l’enquête. David Soul, que le grand public connaît surtout pour la série Starsky et Hutch, complète ce tableau en incarnant Jefferson Cope, l’avocat mêlé aux intrigues familiales.
Ce rassemblement de talents, réuni sous la direction de Michael Winner pour la production Golan-Globus, donne au film une densité de présences rares. Chaque scène de groupe ressemble à un exercice de haute voltige collective, où les ego et les talents se répondent avec une élégance que le cinéma populaire des années 1980 n’offrait pas si souvent.
- Discussion tendue sous les palmiers entre Lady Westholme (Lauren Bacall) et Nadine Boynton (Carrie Fisher).
- Gros plan sur le détective Hercule Poirot (Peter Ustinov) avec son chapeau clair et sa célèbre moustache.
- Hercule Poiroit détendu sur un transat à bord du bateau, à côté d’une bouée du San Salvatore.
- Hercule Poirot en conversation avec Lady Westholme (Lauren Bacall) dans les décors ensoleillés.
- Lady Westholme (Lauren Bacall) souriante au premier plan lors d’une excursion touristique en Israël.
- Le colonel Carbury (John Gielgud) en uniforme aux côtés de Poirot
- Jefferson Cope (David Soul) s’adressant à Nadine Boynton (Carrie Fisher) assise dans le décor du site archéologique.
5 raisons de ne pas manquer le film ce soir
- Peter Ustinov incarne Poirot dans six films en dix ans, et il représente pourtant le paradoxe physique absolu : grand, corpulent, là où Agatha Christie imaginait un homme petit, ovoïde, presque minuscule. Plutôt que de chercher le sosie du roman, le casting parie sur le talent pur. Pari réussi : Ustinov impose un Poirot débonnaire, incorruptible, d’un humour très britannique, et fait oublier en quelques scènes toute question de morphologie.
- La réunion Lauren Bacall et Carrie Fisher à l’écran n’avait rien d’évident sur le papier. D’un côté, une icône du Hollywood classique des années 1940, Lady Westholme au port altier. De l’autre, Carrie Fisher, fille prodige de la génération Star Wars, dans le rôle de Nadine Boynton. Deux trajectoires, deux générations, une même scène : c’est le genre de casting improbable qui se regarde pour lui seul.
- Le logo Golan-Globus au générique surprend. Le studio Cannon, dirigé par Menahem Golan et Yoram Globus, règne dans les années 1980 sur le film d’action de série B, celui des muscles, des explosions et des budgets serrés. Voir ce même studio financer une adaptation soignée d’Agatha Christie, avec un casting cinq étoiles et des décors naturels, constitue un virage stylistique rarissime dans leur filmographie.
- Michael Winner tourne en Israël, en décors naturels, et c’est là une différence majeure avec les adaptations Christie habituelles, souvent confinées dans des salons anglais ou des trains clos. La Terre sainte offre une lumière, une profondeur de champ et une chaleur visuelle que les studios londoniens ne peuvent pas reproduire. Le dépaysement est total, et le cadre amplifie la tension de l’intrigue plutôt que de simplement la contenir.
- David Soul, de la brigade de Starsky au mystère d’Agatha Christie : L’acteur américain incarne ici l’avocat Jefferson Cope. S’il est mondialement connu pour avoir arboré le look de détective blond et branché dans la série culte des années 1970 Starsky et Hutch aux côtés de Paul Michael Glaser, sa participation à cette production des années 1980 illustre sa transition vers le grand écran et d’autres registres, apportant une touche de charme et de nostalgie télévisuelle bienvenue au milieu de ce prestigieux casting international.
Fiche technique : le film en un coup d’oeil
| Élément | Détail |
|---|---|
| Titre original | Appointment with Death |
| Année de production | 1988 |
| Réalisation | Michael Winner |
| Scénario | Peter Buckman, Anthony Shaffer, Michael Winner |
| Source littéraire | Roman d’Agatha Christie, publié en 1938 |
| Production | Golan-Globus Productions |
| Budget | 6 millions de dollars |
| Recettes au box-office | 960 040 dollars |
| Durée (version diffusée) | 99 min (selon ARTE) |
| Pays | États-Unis |
| Musique | Pino Donaggio |
| Image | David Gurfinkel |
| Montage | Arnold Crust |
| Distribution principale | Peter Ustinov, Lauren Bacall, Carrie Fisher, John Gielgud, Piper Laurie, Hayley Mills, Jenny Seagrove, David Soul |
| Rôle central | Peter Ustinov dans la peau d’Hercule Poirot, un rôle qu’il a endossé dans six films sur dix ans |
| Diffusion ARTE | Dimanche 16 août 2026 à 21h00 |
| Disponibilité en replay | Jusqu’au 14 septembre 2026 sur Arte.tv (sous réserve de confirmation officielle) |
| Thème central | Une veuve fortunée assassinée sur un site archéologique (Qumrân dans le film), après un voyage qui débute par une croisière vers la Terre sainte : Poirot mène l’essentiel de son enquête dans ce campement parmi les suspects |
Sources
- wikipedia.org
- homepopcorn.fr
- wikipedia.org
- YouTube: 5 raisons de ne pas manquer le film ce soir
- YouTube: Fiche technique : le film en un coup d’oeil

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