Le retour de l’émission Les Dossiers de l’écran
Il suffit parfois de prononcer un titre pour réveiller toute une époque. Les Dossiers de l’écran, c’est exactement ça : un générique solennel, un film fort, puis un débat long, posé, parfois rugueux, souvent passionnant. Une télévision qui prenait son temps. Et si, franchement, ça nous manquait ? Et si, l’émission revenait ? Pour notre plus grand plaisir…
Une émission culte, née d’une idée simple et ambitieuse
Lancée en 1967 sur Antenne 2, Les Dossiers de l’écran repose sur un concept aussi évident que brillant : utiliser la fiction (films de cinéma ou téléfilms) comme point de départ pour analyser la société réelle. Une œuvre, puis un débat en plateau avec spécialistes, témoins, politiques, intellectuels. Le tout orchestré par Armand Jammot, figure emblématique du programme, à la fois rigoureux, curieux et profondément humaniste.
À une époque où la télévision se voulait éducative sans être ennuyeuse, l’émission faisait confiance à l’intelligence du téléspectateur. On regardait, on réfléchissait, on n’était pas d’accord et c’était très bien comme ça.
Ce qui rendait l’émission unique
D’abord, le temps long. Un film entier, suivi d’un débat parfois interminable selon les standards actuels. Pas de punchlines obligatoires, pas de chrono hystérique. Ensuite, la pluralité des voix : médecins, historiens, sociologues, politiques, citoyens directement concernés… tout le monde avait sa place. Enfin, une audace éditoriale rare : peine de mort, guerre, sexualité, racisme, manipulation médiatique, terrorisme, rien n’était tabou.
Le ton était sérieux, mais jamais froid. Engagé, mais pas militant. Et surtout, respectueux du public.
Un générique qui a marqué des générations
Le générique de l’émission Les Dossiers de l’écran a marqué plusieurs générations. Puissante et anxiogène, il s’agit de l’extrait du quatrième mouvement (“Protest”) de l’œuvre Spirituals for String Choir and Orchestra de Morton Gould.
Un morceau également utilisé dans le chef d’œuvre de Jean-Pierre Melville : “L’Armée des Ombres”, sorti en 1969 et mettant à l’affiche Lino Ventura, Simone Signoret, Paul Meurisse et Jean-Pierre Cassel, lors du passage dans le tunnel où les prisonniers doivent courir sous les balles allemandes.
Un accueil marquant et un souvenir très tendre
Pendant des années, Les Dossiers de l’écran ont rassemblé des millions de Français. On en parlait le lendemain à l’école, au bureau, en famille. Beaucoup gardent le souvenir d’une émission qui les a fait grandir, qui a parfois bousculé leurs certitudes, mais toujours avec élégance.
Aujourd’hui encore, dès qu’on évoque le programme, les réactions sont souvent les mêmes : “On n’a plus ça.” “C’était autre chose.” “Ça nous manque.” Et ils n’ont pas tort.
Et si une version 2026 voyait le jour ?
Imaginons. Une nouvelle mouture, respectueuse de l’ADN original mais ancrée dans son époque.
Le concept
Toujours un film ou une fiction forte pour lancer la soirée, cinéma, téléfilm, ou même série événementielle, suivi d’un grand débat, diffusé en direct et prolongé en ligne. Le temps long serait conservé, quitte à bousculer les habitudes de zapping.
Qui pour animer ?
Il faudrait une personnalité capable d’écoute, de fermeté douce et de curiosité sincère. Pas un animateur-star, mais un passeur d’idées. Un ou un journaliste reconnu(e) pour son sérieux, capable de laisser parler sans jamais laisser déraper. Quelqu’un qui sache relancer sans écraser.
Monsieur Vintage pense à trois profils crédibles et complémentaires pour incarner un retour des Dossiers de l’écran en 2026, chacun avec une vraie légitimité pour le fond, le débat et le temps long :
Caroline Roux
C’est probablement le choix le plus évident. Elle maîtrise l’art du débat exigeant sans agressivité, sait gérer des plateaux complexes et laisser la place aux idées. Avec elle, Les Dossiers de l’écran garderaient une autorité naturelle, moderne, et très respectée. Elle a ce ton calme qui impose le sérieux sans jamais ennuyer.
François Busnel
Un pari un peu différent, mais passionnant. Busnel apporterait une dimension culturelle et narrative très forte : contextualisation, profondeur historique, amour du récit. Il excelle dans le temps long et l’écoute attentive. Avec lui, l’émission aurait un parfum très “service public à l’ancienne”, mais terriblement pertinent aujourd’hui.
Géraldine Muhlmann
Moins médiatique, mais extrêmement cohérente avec l’ADN original. Philosophe et politologue, elle incarne la rigueur intellectuelle, la nuance et le goût du débat argumenté. Son profil rappellerait directement l’époque où l’émission faisait confiance à l’intelligence du téléspectateur, sans jamais le prendre de haut.
Les thèmes de 2026
Ils ne manquent pas, et l’esprit de l’émission s’y prêterait parfaitement :
- Intelligence artificielle et société
- Désinformation, réseaux sociaux et démocratie
- Crise climatique et responsabilité individuelle
- Fin de vie et éthique médicale
- Identité, genre et nouvelles normes sociales
- Surveillance numérique et libertés
- Mémoire, histoire et fractures générationnelles
- La troisième guerre mondiale
Des sujets complexes, sensibles, mais essentiels. Exactement le terrain de jeu des Dossiers de l’écran.
Une modernisation intelligente
Interaction avec le public via des questions sélectionnées (et modérées), prolongements en podcast, extraits pédagogiques en ligne, mais sans jamais tomber dans le buzz. Le débat resterait au centre. La pensée, pas la polémique.
Sur quelle chaîne ?
Le concept même de l’émission et le niveau élevé des débats, leur qualité, nous amène à envisager la chaîne ARTE pour la diffusion de ce programme.
Une télévision qui ose à nouveau réfléchir
Faire revenir Les Dossiers de l’écran, ce ne serait pas juste ressusciter une émission culte. Ce serait réaffirmer une certaine idée de la télévision : exigeante, populaire, respectueuse. Une télé qui ne crie pas, qui ne simplifie pas à outrance, qui accepte la complexité du monde. Alors oui, soyons un peu nostalgiques. Mais surtout, soyons ambitieux. Parce qu’en 2026 comme en 1967, on a toujours besoin de comprendre ce que l’écran nous raconte… et ce qu’il dit de nous.
Image : SORA

Consultant SEO le jour, passionné de vintage la nuit. Une fois les écrans éteints, je troque les audits et les dashboards pour ma plume sur Monsieurvintage.com. Là, je raconte l’histoire des objets, des voitures et des tendances qui ont marqué les époques, avec une curiosité insatiable pour tout ce qui a un parfum rétro. Entre algorithmes et nostalgie, je construis des ponts entre le passé et le présent.
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