Hedonic Scrambler Electrique : vraiment la première moto française ?
Le Hedonic Scrambler Électrique s’affiche comme un objet rare dans le paysage du deux-roues français : une moto artisanale, personnalisable à l’unité, née d’un partenariat entre deux maisons aux savoir-faire complémentaires. Derrière la communication soignée, des questions légitimes se posent sur l’origine réelle des composants, la validité du claim “100% français” et la place de ce Scrambler dans l’histoire de la moto électrique made in France. Qu’est-ce que ce modèle tient vraiment de ses promesses, et qu’est-ce qui mérite d’être nuancé avant de signer un bon de commande ?
Le Scrambler Électrique Hedonic : ce que la fiche technique révèle vraiment
| Caractéristique | Hedonic Scrambler Électrique (annoncé) | Source / fournisseur réel |
|---|---|---|
| Vitesse maximale | 99 km/h | Plateforme Heritage Spirit Scrambler (Ateliers HeritageBike, Annecy) |
| Autonomie réelle | 110 km | Plateforme Heritage Spirit Scrambler |
| Couple moteur | 280 Nm | Moteur-roue GEM Motors (Kamnik, Slovénie) |
| Puissance nominale | 7 kW | Plateforme Heritage Spirit Scrambler |
| Batterie | 48 V / 4,6 à 4,8 kWh | Plateforme Heritage Spirit Scrambler |
| Mode Boost | Oui (puissance maximale instantanée, durée limitée) | Intégration HeritageBike |
| Homologation | Équivalent 125 cm³ (L3e-A1) — permis B + 7 h de formation | Homologation française |
| Freinage | Disques Brembo haute performance | Brembo (Italie) |
| Sellerie | Cuir façonné à la main, sur mesure, plaque numérotée | Atelier Hedonic, Lège-Cap-Ferret (Gironde) |
| Instrumentation | Compteur digital | Intégration HeritageBike / Hedonic |
| Personnalisation | Teinte carrosserie, coutures, finition cuir, plaque unique | Atelier Hedonic |
| Constructeur de la plateforme technique | Ateliers HeritageBike (Xavier Wargnier & Guillaume Monsigny) | Fondé en 2018-2019, Poisy / Annecy |
| Distributeur et préparateur sous label | Hedonic Machines (Serge Heitz) | Fondé en 2017, Lège-Cap-Ferret |
| Première présentation publique | Salon Rétromobile, Paris, janvier/février 2024 | Porte de Versailles |
Partenaires, pas rivaux : Hedonic et HeritageBike, la réalité du duo
Quand on lit la page Hedonic, on pourrait croire à deux entités distinctes se disputant la même niche. La réalité est plus simple et plus intéressante : Hedonic et Ateliers HeritageBike sont partenaires depuis plusieurs années, chacun apportant ce que l’autre n’a pas.
Serge Heitz a fondé Hedonic en 2017 à Lège-Cap-Ferret, dans un atelier déjà spécialisé dans la restauration et la personnalisation de véhicules d’exception : Porsche, Defender, motos. Xavier Wargnier et Guillaume Monsigny ont lancé Ateliers HeritageBike en 2018-2019 à Poisy, près d’Annecy, avec une ambition différente : concevoir et produire des deux-roues électriques en France, de A à Z, avec un bureau d’études, des cadres soudés sur place, un assemblage local. Deux projets distincts, deux savoir-faire complémentaires.
Le rapprochement officiel s’est concrétisé à partir de mars 2022, avec le lancement de l’édition spéciale « Heritage Origine Hedonic » : cadre et mécanique HeritageBike, finitions et identité visuelle signées Hedonic (optique avant à croix LED noire, sellerie sur mesure). La collaboration a ensuite été étendue au VTT électrique Heritage Altitude et à la remorque Heritage Side, tous deux distribués et personnalisés sous co-branding dans le showroom du Cap-Ferret. Hedonic figure formellement comme ambassadeur et distributeur officiel des créations HeritageBike.
Pour le millésime 2026, le Scrambler Électrique Hedonic s’inscrit dans cette même logique : une production conjointe planifiée, inscrite au calendrier officiel d’HeritageBike comme série spéciale exclusive. HeritageBike fournit la plateforme technique homologuée, Hedonic habille, peint, garnit et livre à son réseau de clients haut de gamme. Le prétendu « duel » n’existe pas.
Ce qui mérite en revanche qu’on s’y attarde, c’est la revendication commune aux deux maisons : « conçue et fabriquée en France ». Là où la question devient intéressante, c’est que cette affirmation est vraie pour une partie significative de la chaîne. Le bureau d’études (Antidote Solutions), les cadres (Milc Industry), les pièces en composite, la peinture, l’assemblage final, la sellerie artisanale : tout cela se passe sur le sol français. La reprise industrielle a par ailleurs été assurée par le groupe français Chastagner. Ce n’est pas du vent.
Mais aucune moto au monde n’est faite à 100 % dans un seul pays. Quelques composants de premier rang arrivent inévitablement de l’étranger. C’est précisément là que le claim mérite d’être précisé.
Première moto électrique française : un claim à décortiquer
« La première moto électrique 100% française et fabriquée en France. » La formule est belle, percutante, et elle a le mérite d’exister dans un paysage industriel où beaucoup préfèrent assembler en Asie. Mais les superlatifs appellent la vérification.
La part française est réelle. Le châssis tubulaire est soudé à la main, la sellerie en cuir façonnée sur mesure dans l’atelier Hedonic, le design est exclusif, l’amortisseur arrière provient d’EMC Suspensions à Villeurbanne. L’assemblage final se fait en France. Ce n’est pas une moto rebadgée venue d’un conteneur : il y a un vrai travail d’intégration et d’artisanat ici.
Seulement, le moteur-roue qui délivre ces 280 Nm de couple vient de Kamnik, en Slovénie. Il est fabriqué par GEM Motors. Les freins Brembo sont italiens. La fourche avant est autrichienne, signée WP Suspension. Les jantes à rayons sortent de chez Takasago Excel, au Japon. Les pneus Heidenau sont allemands. Ce n’est pas une critique : ce sont les standards du secteur, et chacun de ces fournisseurs représente une référence dans sa spécialité. Mais « 100% française » suppose une autre réalité que celle-là.
Il n’existe pas de moto entièrement fabriquée dans un seul pays, quelle que soit la marque qui l’assemble.
La question de l’antériorité est encore plus directe à trancher. La Voxan Wattman a été dévoilée par Venturi au Salon de la moto de Paris en décembre 2013. La start-up Newron Motors présentait son EV-1 dès 2019. DAB Motors introduisait son Concept-E en 2021 avant d’entrer en production avec la DAB 1α, avec l’appui industriel de Peugeot Motocycles. Trois projets français, trois dates antérieures. La « première » tient donc à une définition très précise du périmètre, laquelle n’est pas explicitée dans la communication Hedonic.
Ce que le Scrambler Électrique Hedonic est réellement : un objet artisanal cohérent, bien construit, ancré dans l’univers [re]creation de la marque, et qui propose une expérience de personnalisation à l’unité que peu de constructeurs sont capables d’offrir. C’est déjà beaucoup. Le récit gagnerait simplement à s’appuyer sur cette réalité plutôt que sur un superliatif difficile à défendre.
Fiche technique Hedonic Scrambler electrique
Voici ce que l’on sait avec certitude, chiffres à l’appui.
La vitesse maximale est bridée à 99 km/h. Pour un usage quotidien en ville, sur périphérique ou sur départementale, c’est amplement suffisant. L’autoroute est hors périmètre, ce qui n’est pas une limitation surprenante pour un engin homologué en catégorie équivalent 125 cm³.
Ce classement administratif est peut-être la donnée la plus importante pour beaucoup d’acheteurs potentiels : il suffit du permis voiture (B), complété par une formation de 7 heures. Pas de passage devant la commission, pas de permis moto. C’est le même accès que pour un 125 classique.
L’autonomie annoncée est de 110 km en conditions réelles. Cela couvre facilement plusieurs allers-retours domicile-travail avant de rebrancher. À noter : la capacité précise de la batterie (en kWh), le type de prise et le temps de charge ne figurent pas sur la fiche officielle d’Hedonic, ce qui mérite d’être demandé avant commande.
Le couple moteur, lui, est affiché à 280 Nm. Pour comprendre ce que cela signifie concrètement : le couple, c’est la force disponible au moment où la roue commence à tourner. Plus il est élevé, plus la relance depuis l’arrêt est franche et immédiate. Sur une moto électrique, ce chiffre arrive sans délai, sans palier, sans passage de rapport. Le mode Boost accentue encore l’effet : sur simple pression, toute la puissance moteur est disponible instantanément, le temps d’un dépassement ou d’une insertion dans la circulation.
Les freins signés Brembo sont une référence dans le domaine. Sur une moto urbaine, la qualité du freinage est plus critique que la vitesse de pointe, et c’est ici que l’équipement fait une vraie différence au quotidien. Le compteur entièrement digital centralise vitesse, niveau de batterie et mode actif sur un seul écran.
Côté finitions, chaque Scrambler reçoit une sellerie cousue à la main dans l’atelier de Lège-Cap-Ferret, avec une plaque numérotée. Teinte de carrosserie, coutures, finition du cuir : tout est personnalisable. Ce n’est pas un catalogue à options, c’est davantage un brief confié à des artisans.
Côté tarif : le prix de la moto Hedonic Scrambler Électrique (développé en partenariat avec les Ateliers Heritagebike) s’établit à partir de 24 950 € TTC pour la version 125 cm³.

Consultant SEO / GEO le jour, passionné de vintage la nuit. Une fois les écrans éteints, je troque les audits et les dashboards pour ma plume sur Monsieurvintage.com. Là, je raconte l’histoire des objets, des voitures et des tendances qui ont marqué les époques, avec une curiosité insatiable pour tout ce qui a un parfum rétro. Entre algorithmes et nostalgie, je construis des ponts entre le passé et le présent.
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