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Peugeot E T16 création originale
Crédit photos : © Peugeot tous droits réservés / Une : Montage MV

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En 2026, Peugeot a levé le voile sur l’E-T16 Concept, un show-car électrique de 816 chevaux conçu comme un hommage direct à la légendaire 205 Turbo 16 du Groupe B. Derrière la carrosserie grise et les ailes élargies se cachent des choix techniques précis, du Side Cooling latéral à la vectorisation de couple trimoteur, qui soulèvent autant de questions qu’ils n’affichent de performances. Quelle est la profondeur du lien avec l’original des années 1980, qu’est-ce qui relève du pur exercice de style et quelles technologies pourraient réellement rejoindre la grande série ?

Un hommage en chiffres : la fiche technique de l’E-T16 face à la 205 Turbo 16 originale

Critère Peugeot E-T16 Concept (2026) Peugeot 205 Turbo 16 Groupe B (Évo 2)
Groupe motopropulseur 3 moteurs électriques (1 AV + 2 AR, vectorisation de couple) 4 cylindres 1,8 L turbo 16 soupapes, central-arrière
Puissance officielle 816 ch (600 kW) ~450 ch (spécification compétition Évo 2)
Transmission Intégrale électrique sans arbre mécanique Intégrale mécanique, boîte 5 vitesses, différentiel épicycloïdal
Poids ~1 610 kg (rapport p/p revendiqué sous 2,0 kg/ch) ~890 kg à vide
0 à 100 km/h 2,5 s 2,3 à 3,0 s (selon adhérence et étagement)
0 à 300 km/h 16 secondes (clin d’œil au chiffre « 16 » du label T16) Non applicable (plafond 180-230 km/h en braquets rallye)
Vitesse de pointe 310 km/h 180-230 km/h (selon braquet)
Énergie / carburant Batterie NMC 85 kWh, 800 V Réservoir 110-130 L d’essence compétition
Autonomie / endurance 400 km WLTP ; 3 tours de Nürburgring Nordschleife sans derating Variable selon réservoir et braquet
Recharge 10 à 80 % en moins de 15 min Sans objet

Design « Feline Future » et architecture : ce que chaque détail doit à la Groupe B

La teinte dit tout d’emblée. Le Gris Winchester mat qui recouvre la caisse est la reproduction directe du gris d’homologation de la 205 T16 « Série 200 » de 1984, celle que Peugeot avait produite en deux cents exemplaires pour satisfaire la FIA. Le même gris, relu pour un monde où les voitures ne brûlent plus d’essence de compétition.

Le liseré rouge rétroéclairé qui fait le tour complet du périmètre de la caisse joue le même rôle que le filet rouge des GTi et des T16 d’époque : il délimite, il signe, il rappelle que la couleur n’est jamais un détail chez Peugeot quand il s’agit de ses sportives. Les ailes élargies reprennent sans détour le vocabulaire cubique du Groupe B, ces extensions de carrosserie imposées par les voies démesurées. Ici elles chaussent du 275 mm à l’avant et du 315 mm à l’arrière, en Michelin. L’aileron arrière, massif, se décompose en dérives profilées que Peugeot qualifie d’oreilles de chat, combinées à un double diffuseur avec deux lames actives mobiles.

La partie la plus fidèle à l’original est aussi la plus spectaculaire. Le capot arrière monobloc bascule en une seule pièce, exactement comme sur la voiture de rallye. À l’ouverture, plutôt qu’un quatre cylindres turbo transversal, on découvre les deux moteurs électriques de l’essieu arrière, les combinés de suspension et un arceau tubulaire peint en rouge vif. Le geste est identique. Le contenu a changé de siècle.

Le Side Cooling est la contrainte technique qui a redessiné les volumes. Sur un refroidissement conventionnel, le liquide caloporteur passe principalement par la base de l’accumulateur ou par un radiateur frontal. Ici, il chemine directement au contact des parois latérales des cellules prismatiques NMC, multipliant la surface d’échange, effaçant les gradients thermiques internes et écartant le derating sous forte sollicitation. La prise d’air latérale devant les roues arrière, déjà présente sur la 205 T16, a été surdimensionnée et reconvertie pour alimenter ces circuits, tout en intégrant la trappe de recharge et la gâche de porte. La thermique a dicté la forme, pas l’inverse.

Peugeot est explicite sur ce qui a vocation à passer en série : la signature lumineuse à trois barres horizontales à l’avant et à l’arrière, l’écusson rétroéclairé, le capot nervuré et l’architecture Digital i-Cockpit avec la commande Hypersquare adaptée pour l’homologation routière sont directement pressentis pour la future E-208.

La chaîne de traction trimoteur de 816 ch, le châssis tubulaire développé avec Peugeot Sport

La plateforme STLA One supporte l’ensemble dans une déclinaison profondément remaniée pour la compétition, sans rapport direct avec ce qui alimentera la grande série.

Cockpit Hypersquare, palmarès au Mondial 2026 et perspectives de série

L’habitacle est futuriste et apporte une ambiance poste de pilotage, plus que de conduite. Coque carbone, console allégée, levier vertical du frein à main hydraulique : les intentions sont explicites. La dalle panoramique incurvée de 21 pouces s’étend en arc continu devant le conducteur, instrumentation et divertissement fondus en une seule surface.

Le volant rectangulaire Hypersquare fonctionne en steer-by-wire pur, sans colonne mécanique ni liaison physique avec les roues avant. Résultat : plus besoin de croiser les mains dans les virages serrés, la démultiplication variable adaptative contenant l’amplitude du geste. Les vibrations de la chaussée ne remontent plus dans les paumes. Toutes les commandes essentielles passent par des alvéoles tactiles intégrées au volant. L’expérience se rapproche d’un simulateur de haut niveau, et je reste sincèrement curieux de ce que ça donne sur une route classique.

Le concept a été dévoilé le 11 octobre 2026, puis présenté au public du 13 au 18 octobre au Mondial de l’Auto de Paris.

Les journalistes de l’AMAM lui ont décerné le titre de Meilleur Concept-Car du Mondial de l’Auto 2026, un vote à lecture technique autant qu’esthétique, ce qui n’est pas rien.

Sur la question d’une production, Alain Favey, directeur général de Peugeot, a été précis au salon : une fabrication en petite série est techniquement faisable, la base STLA One permettant un volume inférieur à 1 000 unités. Aucune décision n’a été prise. Stellantis n’a confirmé aucune commercialisation. L’étude de faisabilité existe, la voiture n’est pas commandable.

La suite : voyons si la E T16 rejoint la famille des concept oublié ou une commercialisation d’une version de série !

Video de la Peugeot E T16

Virgile Partouche

Consultant SEO / GEO  le jour, passionné de vintage la nuit. Une fois les écrans éteints, je troque les audits et les dashboards pour ma plume sur Monsieurvintage.com. Là, je raconte l’histoire des objets, des voitures et des tendances qui ont marqué les époques, avec une curiosité insatiable pour tout ce qui a un parfum rétro. Entre algorithmes et nostalgie, je construis des ponts entre le passé et le présent.

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