5 bonnes raisons de regarder Il Était Une Fois La Révolution ce soir sur ARTE
À une époque où le western semble avoir déserté les écrans de télévision, ARTE offre ce soir à 20h55 un véritable monument du cinéma avec Il Était Une Fois La Révolution de Sergio Leone. Sorti en 1971, ce film longtemps resté dans l’ombre de la trilogie du Dollar (Pour une poignée de dollars (1964), Et pour quelques dollars de plus (1965) et Le Bon, la Brute et le Truand (1966) et d’Il Était Une Fois dans l’Ouest mérite pourtant largement sa place au panthéon du cinéma mondial.
Entre fresque politique, western crépusculaire et réflexion désabusée sur les idéaux révolutionnaires, cette œuvre magistrale n’a rien perdu de sa force. Voici pourquoi il ne faut surtout pas passer à côté.
1. Parce que Sergio Leone est au sommet de son art
Lorsqu’il entreprend Il Était Une Fois La Révolution, Sergio Leone est déjà une légende. Il a révolutionné le western avec Clint Eastwood, imposé un nouveau langage cinématographique et transformé un genre considéré comme vieillissant en véritable opéra visuel.
Mais ici, Leone ne cherche plus seulement à raconter une aventure de cow-boys. Il signe un film plus personnel, plus politique et plus mélancolique. Derrière les explosions, les fusillades et les grands paysages mexicains, il interroge la nature même des révolutions et la façon dont les idéaux finissent souvent dévorés par la réalité.
Son sens du cadre, sa gestion du silence, ses gros plans devenus légendaires et sa capacité à créer une tension permanente atteignent une forme de maturité impressionnante.
2. Parce que le duo Rod Steiger / James Coburn est exceptionnel
Le film repose sur deux personnages que tout oppose. D’un côté, Juan Miranda, interprété par Rod Steiger. Ancien paysan devenu bandit, rustre, vulgaire, opportuniste, il ne croit plus à rien sinon à l’argent et à la survie de sa famille.
De l’autre, Sean Mallory, joué par James Coburn. Ancien révolutionnaire irlandais devenu expert en explosifs, il porte en lui les blessures du passé et une vision plus romantique de l’engagement politique.
Leur rencontre donne naissance à l’un des plus grands duos du western européen.
Rod Steiger livre probablement l’une des performances les plus puissantes de sa carrière. Excessif, drôle, brutal puis bouleversant, il incarne toute la complexité d’un homme entraîné malgré lui dans une révolution qu’il ne comprend pas toujours.
Face à lui, James Coburn impose une présence plus discrète mais tout aussi marquante. Son regard mélancolique et son flegme presque britannique cachent un personnage profondément meurtri.
Le film fonctionne comme une amitié improbable entre deux hommes que tout sépare mais que l’Histoire va réunir.

James Coburn : expert en dynamite. Crédit photo : DR
3. Parce que sa musique est l’une des plus belles d’Ennio Morricone
Impossible d’évoquer Leone sans parler d’Ennio Morricone.
Le compositeur italien livre ici une partition parmi les plus émouvantes de toute sa carrière. Le célèbre thème principal, porté par une voix féminine aérienne, accompagne les souvenirs du personnage de Sean et apporte une dimension presque tragique au récit.
La musique ne sert pas simplement à illustrer les images. Elle raconte les émotions, les regrets et les désillusions des personnages. Plus de cinquante ans après sa création, cette bande originale continue d’être considérée comme l’un des sommets absolus de la musique de film.

Romolo Valli et sa bande de truands. © 1972 Rafran Cinematografica
4. Parce que c’est bien plus qu’un western
Sous ses airs de film d’aventure, Il Était Une Fois La Révolution est avant tout un film politique. L’action se déroule durant la révolution mexicaine de 1913. Juan espère simplement braquer une banque avec l’aide de Sean. Mais ce qu’ils croient être un établissement financier est en réalité une prison politique remplie d’opposants au régime. Malgré eux, ils deviennent des héros révolutionnaires.
Leone se sert de cette intrigue pour questionner les grands mouvements révolutionnaires du XXe siècle. L’enthousiasme populaire, les promesses de changement, les trahisons, la violence et les désillusions traversent tout le film.
Le réalisateur, qui observait avec distance les bouleversements politiques de son époque, notamment après les mouvements de 1968, signe une œuvre profondément sceptique sur les idéologies et leurs dérives. Cette dimension donne au film une portée qui dépasse largement le cadre du western traditionnel.

Crédit photo : © 1972 RAFRAN CINEMATOGRAFICA S.P.A.. Tous droits réservés
5. Parce que son influence est toujours visible aujourd’hui
Longtemps considéré comme le parent discret des grands films de Leone, Il Était Une Fois La Révolution a vu sa réputation grandir au fil des décennies. De nombreux réalisateurs contemporains, de Quentin Tarantino à Robert Rodriguez, ont puisé dans son esthétique, sa mise en scène et son mélange unique d’humour, de violence et de mélancolie.
Le film a également contribué à imposer ce que l’on appelle aujourd’hui le « western Zapata », sous-genre du western spaghetti situé dans le contexte des révolutions latino-américaines. Sa restauration et sa présentation au Festival de Cannes dans la section Cannes Classics ont confirmé son statut d’œuvre majeure du patrimoine cinématographique.
Un rendez-vous à ne pas manquer
Diffusé ce soir à 20h55 sur ARTE, Il Était Une Fois La Révolution demeure l’un des films les plus ambitieux de Sergio Leone. À la fois spectaculaire, drôle, tragique et profondément humain, il offre tout ce que le cinéma italien des années 1970 savait produire de plus grand.
Un western, oui. Mais surtout une réflexion magistrale sur l’amitié, les idéaux perdus et les illusions de l’Histoire. Plus de cinquante ans après sa sortie, son explosion résonne encore.
Il était une fois la révolution
(Giù la testa) Film de Sergio Leone (Italie, 1971, 2h30mn, VF/VOSTF) – Scénario : Luciano Vincenzoni, Sergio Leone, Sergio Donati – Avec : James Coburn, Rod Steiger, Romolo Valli, Vivienne Chandler, David Warbeck – Production : Rafran Cinematografica.
Meilleur réalisateur (Sergio Leone), prix David di Donatello 1972.
Diffusion : lundi 1er juin 2026 à 20H55 sur ARTE.
Crédit photo de UNE : DR - James Coburn.

Créateur de MonsieurVintage, Philippe est un passionné de belles mécaniques, de voyages et d’objets qui ont une âme. À travers son regard, chaque moto, voiture ou destination raconte une histoire, dans une quête d’authenticité et d’élégance intemporelle.
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