Seiko 5 Sports Motocompo : quand Honda transforme son mini-scooter culte en montre néo-rétro
Certaines collaborations semblent évidentes. Celle entre Honda et Seiko en fait partie. Deux marques japonaises, deux univers qui ont marqué leur époque, et surtout une même capacité à transformer des objets du quotidien en véritables icônes.
Pour cette nouvelle édition limitée de la collection Seiko 5 Sports, Seiko est allé chercher son inspiration dans un véhicule pour le moins inattendu : la Honda Motocompo, cette petite moto pliable lancée au Japon en 1981 et conçue pour prendre place dans le coffre de la Honda City.
Quarante-cinq ans plus tard, sa silhouette et ses détails caractéristiques servent de fil conducteur à une montre automatique néo-rétro particulièrement originale. Baptisée Seiko 5 Sports Field Series Motocompo, cette série limitée à 8 000 exemplaires reprend les couleurs et certains éléments graphiques du petit deux-roues japonais.
- La Motocompo, une drôle d’idée devenue icône
- Une moto qui se pliait pour entrer dans le coffre
- Une mécanique minimaliste mais ingénieuse
- Le jaune Motocompo arrive au poignet
- Même le bracelet raconte l’histoire de la Motocompo
- Une petite montre automatique qui assume son côté vintage
- 8 000 exemplaires et pas un de plus
- Quand deux icônes japonaises se rencontrent
La Motocompo, une drôle d’idée devenue icône
Pour comprendre cette montre, il faut revenir au début des années 1980.
En 1981, Honda imagine une automobile qui doit incarner une nouvelle manière de se déplacer : la Honda City. Compacte, pratique et reconnaissable entre toutes avec sa silhouette « Tall Boy », elle est accompagnée d’une idée encore plus originale : lui associer une petite moto capable de voyager dans son coffre.
Cette moto, c’est la Motocompo.
Honda développe ainsi simultanément la voiture et ce curieux deux-roues. Le constructeur japonais présente officiellement la City et la Motocompo en 1981, avec l’ambition de créer une combinaison automobile + deux-roues permettant de profiter du confort de la voiture tout en conservant la mobilité d’une petite moto une fois arrivé à destination.
L’idée paraît aujourd’hui presque futuriste. On pouvait rejoindre une ville en voiture, garer celle-ci à l’extérieur d’une zone encombrée, sortir la Motocompo du coffre et poursuivre son trajet à deux roues.
La petite Honda n’était donc pas simplement une mini-moto. Elle avait été pensée dès le départ comme un véhicule complémentaire de l’automobile.

Motocompo. Crédit photo : AB12©
Une moto qui se pliait pour entrer dans le coffre
C’est évidemment son principe de rangement qui a fait toute son originalité.
Avec seulement 1,185 m de longueur, la Motocompo était minuscule. Son poids à sec était de 42 kg et elle recevait un petit monocylindre deux-temps de 49 cm³ développant 2,5 ch. Le guidon et les repose-pieds pouvaient être repliés afin de réduire son encombrement.
Honda avait également prévu le véhicule pour être transporté sans transformer le coffre de la voiture en station-service. Des dispositifs spécifiques limitaient les risques de fuite de carburant, d’huile moteur et de liquide de batterie. La City disposait même de points d’ancrage permettant de fixer la Motocompo avec une sangle.
Une fois sortie du coffre, la procédure était particulièrement simple : relever le guidon, remettre les rétroviseurs et les repose-pieds en position, relever la selle et faire le plein. Honda insistait à l’époque sur cette facilité de mise en œuvre.

Honda City et le scooter pliable Motocompo dans le coffre. Crédit photo : Kzaral©
Une mécanique minimaliste mais ingénieuse
Sous son allure presque ludique, la Motocompo était une véritable petite moto.
Elle utilisait un moteur deux-temps de 49 cm³, refroidi par air, associé à une transmission à embrayage centrifuge automatique. Le démarrage s’effectuait au kick et l’allumage faisait appel à un système CDI. Honda annonçait à l’époque une consommation de 70 km/l à 30 km/h selon le protocole de mesure japonais de l’époque.
Son gabarit était évidemment sa principale caractéristique. Elle ne cherchait ni la performance ni le confort d’un scooter classique. Sa vocation était différente : être suffisamment petite pour accompagner une automobile partout.
C’est précisément ce mélange de simplicité, d’ingéniosité et de design très marqué qui explique pourquoi la Motocompo est devenue, avec le temps, un objet culte de la culture automobile japonaise.
Le jaune Motocompo arrive au poignet
C’est ce patrimoine très particulier que Seiko a choisi de célébrer.
La nouvelle Seiko 5 Sports Field Series Motocompo reprend immédiatement le jaune vif associé au petit deux-roues Honda. Le cadran reçoit au centre une large bande noire sur laquelle apparaît le logo HONDA. Même l’inscription « AUTOMATIC », placée à 6 heures, a été retravaillée avec une typographie inspirée directement du logo Motocompo.
Le résultat est volontairement rétro, mais sans tomber dans la simple reproduction nostalgique. Seiko conserve les codes d’une montre mécanique contemporaine tout en multipliant les références au véhicule de 1981.
La couronne constitue un autre clin d’œil amusant. Elle porte l’inscription « TURN », directement inspirée du robinet de carburant de la Motocompo.
Même le bracelet raconte l’histoire de la Motocompo
Seiko ne s’est d’ailleurs pas contenté de reprendre les couleurs du deux-roues. Le bracelet en nylon fait référence aux systèmes utilisés pour transporter et arrimer la petite Honda. Il porte notamment l’inscription « CARRYING POINT », tandis que son extrémité reprend la mention « INSERTION POINT ». Ces détails font référence aux points permettant de fixer la Motocompo dans le coffre d’une automobile.
Le fond du boîtier poursuit cette logique. Il laisse apparaître la silhouette de la Motocompo ainsi que la mention « Limited Edition » et le numéro individuel de chaque montre. Même l’emballage a été travaillé dans cet esprit. Le coffret exclusif évoque le carton ondulé utilisé à l’époque pour expédier la Motocompo.
Autrement dit, cette collaboration ne se limite pas à apposer un logo Honda sur une Seiko. Les designers sont allés chercher des détails parfois très discrets dans l’histoire du véhicule.
Une petite montre automatique qui assume son côté vintage
Techniquement, la Seiko 5 Sports Motocompo reste une montre mécanique moderne.
Elle embarque le calibre automatique 4R36, un mouvement affichant le jour et la date, avec arrêt de l’aiguille des secondes et une réserve de marche annoncée à 41 heures. Il fonctionne à 21 600 alternances par heure et compte 24 rubis.
Le boîtier en acier inoxydable reçoit un revêtement anti-rayures et mesure seulement 36,4 mm de diamètre, pour une épaisseur de 12,5 mm. Le verre est un Hardlex bombé et les aiguilles ainsi que les index bénéficient du traitement LumiBrite de Seiko.
L’étanchéité est donnée pour 10 bar, tandis que le fond transparent vissé permet d’observer le mouvement mécanique. La montre bénéficie également d’une résistance magnétique de 4 800 A/m.
Avec ses 36,4 mm, la montre conserve par ailleurs une dimension particulièrement intéressante pour une pièce d’inspiration vintage. Elle évite les diamètres imposants de certaines montres contemporaines et reste fidèle à une certaine idée de la montre compacte.

Le boîtier en acier inoxydable reçoit un revêtement anti-rayures et mesure seulement 36,4 mm de diamètre. Crédit photo : Seiko©
8 000 exemplaires et pas un de plus
Cette Seiko 5 Sports Field Series Motocompo sera produite à 8 000 exemplaires seulement. Chaque montre possède son propre numéro de série gravé sur le fond du boîtier. Le prix public conseillé est fixé à 390 euros.
La commercialisation est annoncée pour septembre 2026, dans les boutiques Seiko et auprès des revendeurs agréés.
Quand deux icônes japonaises se rencontrent
Cette collaboration fonctionne finalement parce que la Seiko 5 Sports et la Honda Motocompo partagent une philosophie assez proche. La petite Honda n’était pas une moto conventionnelle. Elle cherchait à résoudre un problème de mobilité avec une idée radicalement différente : faire une moto suffisamment petite pour l’emporter avec soi.
La Seiko 5 Sports Motocompo applique une démarche comparable à l’horlogerie. Elle part d’une montre mécanique classique et y injecte une bonne dose de nostalgie, en reprenant les couleurs, les logos et les détails fonctionnels d’un objet japonais devenu culte.
La Motocompo appartient aujourd’hui à cette catégorie très particulière des objets que l’on reconnaît immédiatement, même plusieurs décennies après leur disparition. Sa silhouette carrée, son jaune éclatant et son concept de moto pliable ont marqué les années 1980.
Seiko l’a bien compris. Plutôt que de simplement célébrer Honda, la marque rend hommage à une idée : celle d’un objet compact, malin, différent et immédiatement identifiable.
Et c’est sans doute ce qui rend cette Seiko 5 Sports Motocompo plus intéressante qu’une simple montre dérivée d’une automobile ou d’une moto. Elle raconte l’histoire d’une époque où les constructeurs japonais n’hésitaient pas à expérimenter des concepts étonnants.
La Motocompo avait trouvé le moyen de faire entrer une moto dans le coffre d’une voiture. En 2026, Seiko lui trouve une nouvelle place : au poignet.
Crédit photos montre : Seiko©

Créateur de Monsieur Vintage, Philippe est un passionné de belles mécaniques, de voyages et d’objets qui ont une âme. À travers son regard, chaque moto, voiture ou destination raconte une histoire, dans une quête d’authenticité et d’élégance intemporelle.
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