Charles Bronson, l’icône taciturne du cinéma d’action nous quittait le 30 août 2003

À l’occasion de l’anniversaire de sa disparition survenue le 30 août 2003), revenons sur la vie, l’œuvre et l’héritage de Charles Bronson.
- Naissance, enfance et Seconde Guerre mondiale
- Débuts et formation d’un “tough guy” (“dur à cuire”)
- De second couteau à vedette internationale
- “Death Wish” : triomphe public, controverse critique
- Une image, un style
- Vie privée et famille
- Ce qu’il laisse au cinéma
- Filmographie complète (cinéma)
- Téléfilms principaux
- Réception et postérité
- En un mot
Naissance, enfance et Seconde Guerre mondiale
Né Charles Dennis Buchinsky le 3 novembre 1921 à Ehrenfeld (Pennsylvanie), au cœur d’une bourgade minière, Bronson grandit dans une fratrie de quinze enfants, dans une pauvreté extrême. Il travaille lui-même à la mine avant de s’engager en 1943. Mitrailleur au sein de l’Army Air Forces (39th Bombardment Group) dans le Pacifique, il est décoré de la Purple Heart. Cette rudesse d’origine ; visage anguleux, économie de mots, deviendra sa marque d’acteur.
Débuts et formation d’un “tough guy” (“dur à cuire”)
Démobilisé, il rejoint une troupe de théâtre, fréquente le Pasadena Playhouse et entame, au début des années 1950, une série de petits rôles au cinéma et à la télévision, souvent crédité Charles Buchinsky. Il apparaît notamment dans House of Wax (1953) et Drum Beat (1954), puis adopte en 1954 le nom de Charles Bronson (dans le contexte du maccarthysme, un nom “slave” pouvait freiner une carrière). Son premier rôle marquant au cinéma est Machine-Gun Kelly (1958), qui attire l’attention sur sa présence physique et son jeu minimaliste.
De second couteau à vedette internationale
Les années 1960 le voient percer dans de grandes productions américaines, mais encore en soutien : The Magnificent Seven (1960), The Great Escape (1963), The Dirty Dozen (1967). Le déclic de la stardom vient d’Europe : Adieu l’ami (1968, avec Alain Delon), Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone (1968), puis Le Passager de la pluie de René Clément (Golden Globe du meilleur film en langue étrangère, 1971). À partir de là, Bronson devient l’un des acteurs américains les plus populaires en France et en Italie, avant d’être consacré aux États-Unis au milieu des années 1970.
“Death Wish” : triomphe public, controverse critique
En 1974, à 52 ans, Bronson incarne l’architecte justicier Paul Kersey dans Death Wish de Michael Winner. Le film déclenche un débat moral (apologie du vigilantisme pour certains critiques) tout en rencontrant un large succès populaire et en lançant une franchise de cinq films jusqu’en 1994. Ce rôle fixe son image d’homme solitaire, inflexible et vengeur.
Une image, un style
Bronson impose une présence plus qu’un discours : gestes rares, regard d’acier, corps trapu. Michael Winner louait “une force à l’écran, même immobile” ; Roger Ebert soulignait sa parcimonie de mots et d’explications, au profit d’un charisme brut. Dans les années 1970–80, il enchaîne les polars et westerns (Chato’s Land, The Mechanic, Hard Times, Mr. Majestyk, Telefon), souvent avec Winner puis J. Lee Thompson. En 1972, il reçoit le Golden Globe Henrietta “World Film Favorite – Male”.
Vie privée et famille
Bronson se marie trois fois : avec Harriet Tendler (deux enfants, Suzanne et Tony), puis avec Jill Ireland (une fille, Zuleika, et Katrina adoptée ; il élève aussi les enfants d’Ireland issus de son union avec David McCallum), enfin avec Kim Weeks en 1998. Il meurt à Los Angeles le 30 août 2003, à 81 ans, d’une pneumonie, après avoir souffert de la maladie d’Alzheimer.
Ce qu’il laisse au cinéma
Bronson aura durablement façonné l’archétype du héros taciturne, dont la violence n’est jamais démonstrative mais latente. Il a aussi incarné un pont fécond entre Hollywood et l’Europe : son rôle d’homme à l’harmonica dans Il était une fois dans l’Ouest reste l’un des emblèmes du western moderne, film désormais canonique. Et si Death Wish demeure discuté, il a profondément marqué le style du revenge movie et l’imaginaire urbain des années 1970.
Filmographie complète (cinéma)
Liste synthétisée à partir de sources croisées : AFI Catalog, filmographie Wikipédia et IMDb. AFI CatalogWikipediaIMDb
1951 : You’re in the Navy Now ; The Mob ; The People Against O’Hara
1952 : Bloodhounds of Broadway ; Battle Zone ; Pat and Mike ; Diplomatic Courier ; My Six Convicts ; The Marrying Kind ; Red Skies of Montana
1953 : Miss Sadie Thompson ; House of Wax ; Off Limits ; The Clown ; Torpedo Alley
1954 : Apache ; Riding Shotgun ; Tennessee Champ ; Crime Wave ; Vera Cruz ; Drum Beat
1955 : Target Zero ; Big House, U.S.A.
1956 : Jubal
1957 : Run of the Arrow
1958 : Gang War ; When Hell Broke Loose ; Machine-Gun Kelly ; Showdown at Boot Hill
1959 : Never So Few
1960 : The Magnificent Seven
1961 : Master of the World ; A Thunder of Drums
1962 : X-15 ; Kid Galahad
1963 : The Great Escape ; 4 for Texas
1965 : Guns of Diablo ; The Sandpiper ; Battle of the Bulge ; The Bull of the West
1966 : This Property Is Condemned ; The Meanest Men in the West
1967 : The Dirty Dozen
1968 : Guns for San Sebastian ; Adieu l’ami (Farewell, Friend) ; Villa Rides ; Once Upon a Time in the West
1969 : You Can’t Win ’Em All
1970 : Lola ; Rider on the Rain ; Violent City
1971 : Cold Sweat ; Someone Behind the Door ; Red Sun
1972 : The Valachi Papers ; Chato’s Land ; The Mechanic
1973 : The Stone Killer ; Chino
1974 : Mr. Majestyk ; Death Wish
1975 : Breakout ; Hard Times ; Breakheart Pass
1976 : From Noon till Three ; St. Ives
1977 : The White Buffalo ; Telefon
1979 : Love and Bullets
1980 : Borderline ; Caboblanco
1981 : Death Hunt
1982 : Death Wish II
1983 : 10 to Midnight
1984 : The Evil That Men Do
1985 : Death Wish 3
1986 : Murphy’s Law
1987 : Assassination ; Death Wish 4: The Crackdown
1988 : Messenger of Death
1989 : Kinjite: Forbidden Subjects
1991 : The Indian Runner
1994 : Death Wish V: The Face of Death
Téléfilms principaux
Raid on Entebbe (1977) ; Act of Vengeance (1986) ; Yes, Virginia, There Is a Santa Claus (1991) ; The Sea Wolf (1993) ; Donato and Daughter (1993) ; trilogie Family of Cops : (1995), (1997), (1999). Wikipedia
Réception et postérité
• Public : l’un des acteurs les plus bankables du début des années 1970, au point de demander 1 million de $ par film. En France, Il était une fois dans l’Ouest devient un phénomène de long cours, confirmant son aura européenne.
• Critique : si son jeu taciturne a parfois été moqué, sa présence reste unanimement reconnue. La controverse entourant Death Wish n’a fait que renforcer sa notoriété et l’a installé comme visage du revenge movie.
• Distinctions : Golden Globe Henrietta (1972), étoile sur le Hollywood Walk of Fame (1980).
En un mot
Bronson n’était pas un bavard ; il était une attitude. Sa silhouette s’imprime encore : l’ombre de l’homme à l’harmonica, la mâchoire serrée du justicier Kersey, et l’idée qu’un acteur peut « dire » beaucoup avec très peu de mots.
Crédit photo : Herald American© – Charles Bronson dans le film “Battle Of The Bulge” en 1966.

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