“Mourir d’aimer” (1970) avec Annie Girardot quand l’amour devient un crime

Sorti en 1971, Mourir d’aimer d’André Cayatte est bien plus qu’un simple film. Inspiré de l’affaire Gabrielle Russier, ce drame bouleversant explore l’amour interdit entre une enseignante et son élève, une relation qui déclenche un scandale sociétal. Ce film, à la fois intime et universel, questionne les normes morales et sociales, tout en rendant hommage à une femme broyée par un système impitoyable.
Le contexte : Une histoire tirée de la réalité
L’histoire du film s’inspire d’un fait divers ayant secoué la France dans les années 1960. Gabrielle Russier, une enseignante de lettres, avait noué une relation avec l’un de ses élèves, mineur. Jugée, condamnée, puis rejetée par la société, elle se suicide en 1969. Ce drame, devenu emblématique, avait suscité un débat national sur l’amour, la morale et les pressions sociales.
Dans ce contexte, Mourir d’aimer a marqué les esprits par sa capacité à traduire l’ampleur de cette tragédie humaine. Porté par une écriture et une réalisation soignées, le film dénonce à la fois l’hypocrisie sociale et l’implacabilité des jugements humains.
“Je crois que le mois de mai , vous a tourné la tête. […]
En mai, tous les enfants se sont pris pour des hommes, mais la loi est restée la loi”“Je croyais que vous aimiez la vérité ? j’aime trop la vérité pour la dire à n’importe qui !”
Un film marqueur d’une époque
Dans les années 1960 et 1970, la France connaît une période de transformations profondes : libération des mœurs, remise en question des institutions traditionnelles, et montée des débats sur les libertés individuelles. Cependant, malgré ces changements, certains sujets restent hautement sensibles, comme les relations entre adultes et mineurs. En s’inspirant de l’affaire Gabrielle Russier, un scandale ayant secoué l’opinion publique, Mourir d’aimer met en lumière un amour qui peut devenir un crime, dès lors qu’il transgresse des normes établies.
Dans le contexte du féminisme naissant, le personnage de Danièle devient une figure tragique d’une femme indépendante, brisée pour avoir osé aimer en dehors des cadres acceptables. Ce portrait, profondément humain, trouve un écho chez de nombreuses spectatrices, confrontées à des attentes rigides et des jugements patriarcaux.

Annie Girardot (Danièle Guenot) dans “Mourir d’aimer” d’André Cayatte; Crédit photo : ©Cobra/Franco London Films

Annie Girardot (Danièle Guenot) dans “Mourir d’aimer” d’André Cayatte. Crédit photo : ©Cobra/Franco London Films

Annie Girardot (Danièle Guenot) et Bruno Pradal (Gérard Leguen) dans “Mourir d’aimer” d’André Cayatte. Crédit photo : ©Cobra/Franco London Films

Annie Girardot (Danièle Guenot) dans “Mourir d’aimer” d’André Cayatte. Crédit photo : ©Cobra/Franco London Films

Annie Girardot (Danièle Guenot) dans “Mourir d’aimer” d’André Cayatte. Crédit photo : ©Cobra/Franco London Films

Annie Girardot (Danièle Guenot) dans “Mourir d’aimer” d’André Cayatte. Crédit photo : ©Cobra/Franco London Films

Annie Girardot (Danièle Guenot) et Bruno Pradal (Gérard Leguen) dans “Mourir d’aimer” d’André Cayatte. Crédit photo : ©Cobra/Franco London Films

Annie Girardot (Danièle Guenot) et Bruno Pradal (Gérard Leguen) dans “Mourir d’aimer” d’André Cayatte. Crédit photo : ©Cobra/Franco London Films

Annie Girardot (Danièle Guenot) et Bruno Pradal (Gérard Leguen) dans “Mourir d’aimer” d’André Cayatte. Crédit photo : ©Cobra/Franco London Films
Un casting inoubliable
Annie Girardot : Une performance magistrale
Dans le rôle de Danièle Guénot, l’enseignante amoureuse, Annie Girardot livre une interprétation bouleversante. À travers son jeu sincère et nuancé, elle incarne avec justesse la douleur, le courage et la passion de cette femme. Ce rôle est l’un des sommets de sa carrière, consolidant son statut d’icône du cinéma français. Déjà célèbre pour ses performances dans Rocco et ses frères (1960) ou Docteur Françoise Gailland (1976), elle reste ici inoubliable par son intensité.
Bruno Pradal : Le jeune amoureux
Dans le rôle de Gérard, le jeune élève, Bruno Pradal apporte fraîcheur et émotion. Prometteur à l’époque, il incarne avec finesse l’innocence et la passion d’un amour interdit. Sa performance contribue grandement à l’alchimie tragique du film.
Un casting secondaire solide
D’autres acteurs talentueux enrichissent l’œuvre :
- Claude Cerval, dans le rôle de l’avocat, apporte une gravité essentielle aux scènes de tribunal.
- Marie Déa, qui joue la mère de Gérard, incarne l’autorité et les valeurs conservatrices d’une époque marquée par le conformisme.
Les auteurs derrière “Mourir d’aimer”
André Cayatte : Le maître du cinéma engagé
Réalisateur et co-scénariste, André Cayatte est reconnu pour ses œuvres dénonçant les injustices et les travers du système judiciaire. Ancien avocat, il a toujours cherché à interroger la morale et les normes sociales à travers ses films. Avec Mourir d’aimer, il pousse cette réflexion encore plus loin, en exposant l’impact dévastateur des jugements collectifs sur des individus fragilisés.
Son approche, empreinte de pédagogie et de profondeur, a marqué le cinéma français, notamment avec des films comme Nous sommes tous des assassins (1952) ou Verdict (1974).
Georges Delerue : Une bande originale inoubliable
La musique poignante de Georges Delerue magnifie l’émotion du film. Compositeur de renom, surnommé parfois le “Mozart du cinéma français”, Delerue excelle dans l’art de traduire les sentiments à travers ses partitions. Sa collaboration avec André Cayatte est un élément clé du succès de Mourir d’aimer. Sa mélodie principale reste gravée dans les mémoires comme un écho à la douleur et à la beauté de cette tragédie.
A visionner sur Arte
Le film passe sur ARTE le lundi 9 décembre à 20h50 , également disponible sur la plateforme d’Arte jusqu’au 7 février 2025
Image de l’article : Screeshot / DR – Crédit photo : ©Cobra/Franco London Films

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